Réponse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, à une question au gouvernement à l’Assemblée nationale (Paris, 3 mars 2020) [fa]

« Madame la Députée,

Vous avez évoqué les deux textes qui ont été rendus publics le 29 février dernier, d’une part la déclaration des gouvernements américain et afghan signée à Kaboul, et d’autre part, l’accord entre les États-Unis et les Talibans signé à Doha.

Ce sont des accords signés. C’est une étape significative pour le processus de paix. L’accord américano-taleb contient en particulier un engagement anti-terroriste des Talibans. Et, en parallèle, le gouvernement afghan et les Talibans devront, vous l’avez rappelé, procéder à des échanges de prisonniers d’ici le 10 mars prochain. Ensuite, le sujet sera inscrit au Conseil de sécurité. La France pour l’instant n’a pas définitivement adopté une position sur le sujet sous réserve d’inventaire.

Mais le plus important, de notre point de vue, c’est que s’ouvrent des négociations inter-afghanes. Ce que nous souhaitons, c’est que l’ensemble des parties s’engagent en vue d’abord d’un cessez-le-feu complet, mais aussi sur une feuille de route inclusive qui peut permettre ensuite le retrait des troupes américaines. Et quand je dis « feuille de route inclusive », j’intègre la préservation des acquis en matière de droits humains accumulés depuis le début du siècle dans les discussions qui ont pu avoir lieu au sein de la société civile afghane. La préservation des acquis démocratiques sont les conditions d’une paix durable. Et nous allons poursuivre nos discussions avec les représentants afghans des droits de l’Homme, en particulier la ministre afghane Mme Sima Samar, que je recevrai vendredi.

Nous avons à l’égard des femmes afghanes des initiatives très fortes dans le cadre de l’Agenda « Femmes, paix et sécurité en Afghanistan ». Je pense en particulier au lycée pour filles de Malalaï et à l’Institut médical français pour la mère et pour l’enfant à Kaboul. Nous sommes très attachés à préserver ces droits et à ce qu’ils rentrent dans la logique qui a été initiée par la signature de ces accords, qui devront être maintenant à l’examen des différentes parties prenantes. »

Publié le 07/09/2020

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