Le 14 juillet à Kaboul [fa]

L’Ambassade de France à Kaboul a célébré la fête nationale du 14 juillet, en compagnie des autorités afghanes, des amis de la France en Afghanistan et de la communauté française.

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Lors de son discours, l’Ambassadeur François Richier a salué l’intensité et l’ancienneté des liens d’amitiés entre l’Afghanistan et la France. Il a émis le souhait que la Tour Eiffel ne soit plus éteinte après les attentats mais illuminée aux couleurs d’un Afghanistan pacifié et stabilisé. S’agissant de son dernier 14 juillet à Kaboul, l’Ambassadeur a remercié le peuple afghan pour son accueil et son hospitalité tout au long de son séjour.

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Le ministre des affaires étrangères M. Rabbani a remercié la France pour son soutien et a salué les valeurs universelles de notre devise « Liberté, égalité, fraternité » et de notre fête nationale, symbole de la lutte pour la liberté. Il a également souhaité bonne chance aux Bleus, qui se sont imposés en finale de la Coupe du monde le lendemain.

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En savoir plus sur le 14 juillet (http://www.elysee.fr/la-presidence/la-fete-nationale-du-14-juillet/)

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Discours de l’ambassadeur prononcé à l’occasion de la Fête Nationale :

"Monsieur le Ministre des Affaires étrangères d’Afghanistan,

Merci d’être parmi nous ce soir à l’occasion de la fête nationale française. Vous nous faites un grand honneur.

Vous faites partie d’une nouvelle génération de politiques afghans qui a commencé à accéder à de hautes responsabilités ces dernières années.

La France sait que l’Afghanistan peut compter sur votre sagesse et votre dévouement envers votre patrie, vous qui portez le nom d’un homme qui est mort en martyr au nom de la recherche de la paix.

Je remercie le Président Ghani et le CEO Abdullah pour les messages chaleureux qu’ils ont adressé pour cette célébration.

M. le vice-CEO Mohaqiq,

M. le ministre de MOI, Barmak,

Mmes et Messieurs les membres du NUG,

Excellences, chers collègues,

Mmes et Messieurs les membres du Parlement,

Mmes et Messieurs,

Bienvenue à l’Ambassade de France, comme chaque année je suis très heureux de vous y accueillir.

Avant tout, pour ceux qui souhaitent accomplir des devoirs religieux et des prières, la
salle à coté est dédiée à cela.

Ce site a été inauguré en 1968, il y a cinquante ans, par notre Premier Ministre Georges Pompidou, durant la présidence de Général De Gaulle.

Nous avons des photographies de lui sur cette terrasse avec les officiels afghans, discutant de coopération culturelle et éducative. C’était une époque de progrès et de paix pour l’Afghanistan.

L’année dernière, lorsque vous êtes venus pour cette célébration, ce site était dévasté. Nous étions encore sous le choc de l’attentat du 31 mai et des événements qui ont suivi. Nous étions mal assurés de notre avenir. Mais vous étiez tous là pour nous soutenir et je voudrais vous remercier.

Comme vous pouvez le voir, nous avons progressé dans la restauration des bâtiments. Mais beaucoup reste encore à faire pour nous permettre de fonctionner à nouveau dans des conditions correctes.

Je ne me plains pas car notre collègue allemand est là. Il travaille dans des conditions bien plus difficiles encore.

Chers amis,

Voici un peu plus de deux ans que je vis au milieu de vous.

Permettez-moi de tirer quelques observations de mes propres expériences en Afghanistan et sur la situation.

Il y a deux ans, le NUG connaissait des difficultés importantes. On s’interrogeait sur son avenir. On parlait d’élections parlementaires mais rien ne progressait.

Il y a deux ans, l’incertitude était encore présente quant à l’avenir de l’engagement international dans ses diverses formes. On s’interrogeait sur la capacité des forces afghanes à tenir face aux talibans.

Il n’y avait pas de perspective de la paix avec les taliban, du moins sérieusement ; mais les discussions progressaient avec le HIG, arrivé à un accord.

ISK s’implantait à Nangarhar et perpétrait une première attaque terroriste à Kaboul contre les gardiens de l’Ambassade de Canada.

Les questions migratoires prenaient une ampleur nouvelle, avec la perspective de retour des Afghans du Pakistan et la vague de départs vers l’Europe.

Deux ans plus tard la situation semble globalement meilleure.

L’engagement international a été confirmé dans la durée et, pour la partie sécuritaire, réaffirmé encore au sommet de l’OTAN cette semaine.

Une nouvelle stratégie américaine, cohérente, a été approuvée et est mise en œuvre.
Je souhaite saluer le rôle du Général Nicholson à cet égard.

Dans ce contexte, les talibans savent qu’ils ne peuvent plus espérer l’emporter militairement, malgré les soutiens étrangers qu’ils continuent de recevoir. Les forces de sécurité afghanes se battent avec courage. L’expansion de Daesh est contenue mais il est toujours une menace.

Le NUG a survécu malgré les tensions. Un processus a été enfin mis en place pour préparer l’organisation des élections en 2018 et 2019.

Les efforts de paix sont devenus une priorité, autour du plan de la conférence de Kabul Process II. Des décisions courageuses ont été prises, le cessez le feu unilatéral ou la porte ouverte au dialogue des Etats-Unis. Les Ulémas de tous les pays musulmans contribuent aux efforts de paix.

La diplomatie afghane en direction de l’Asie centrale porte ses fruits et ouvre d’importantes perspectives. Mais à plus long terme, la croissance reste basse, la démographie dynamique et la sécheresse nous alerte sur les conséquences du changement climatique.

Chers amis,

Je mesure à quelle point mener de front les élections de 2018-2019 et les efforts de paix est une responsabilité historique pour l’avenir de votre pays. Les deux reposent sur la confiance.

Ces élections suscitent encore des interrogations. Il est nécessaire qu’elles soient transparentes et honnêtes pour que leurs résultats ne soient pas contestés, ce qui ouvrirait la voie à une nouvelle instabilité politique.

Les efforts de paix suscitent aussi des préoccupations. Il est nécessaire de convaincre tous les Afghans qu’ils peuvent les soutenir sans crainte.

Elections honnêtes et large consensus autour des efforts de paix permettront aux Afghans de retrouver l’espoir dans l’avenir et le sens de l’unité nationale.

Chers amis,

Ces deux dernières années, les lumières de la tour Eiffel, le symbole de Paris, se sont éteintes plusieurs fois, pour exprimer notre solidarité. Je rêve du jour où les lumières de la tour Eiffel seront aux trois couleurs de l’Afghanistan pour célébrer la démocratie et la paix enfin établies.

Permettez-moi de vous parler un peu sur mon propre pays

L’année dernière, l’élection avec deux tiers des voix, du Président Macron a ouvert une nouvelle ère pour notre pays.

Une ère de renouvellement de notre classe politique.

Une ère de restauration de l’autorité républicaine,

Une ère de de modernisation et de réformes, qui étaient attendues depuis parfois plus vingt ans.

Il s’agit de redonner à notre pays la force, l’unité et la justice.

C’est aussi une ère d’engagement international fort, multilatéral et européen, dans un environnement mondial difficile. L’amitié avec l’Afghanistan y a toute sa place, comme l’a montré l’entretien il y a quelques jours à Bruxelles, entre le Président Macron, le Président Ghani et le CEO Abdullah. C’est très prometteur pour l’avenir.

Permettez-moi de finir parce que je voudrais laisser la parole à Monsieur Rabani

Cette amitié franco-afghane, je me suis efforcé depuis deux ans de la porter à travers le pays. Aussi avec un message de paix et d’unité, de fermeté face au terrorisme.

Bien des personnalités ici présentes m’ont accueilli ou m’ont aidé pendant ces voyages. Je les en remercie.

Partout où je suis allé, et souvent retourné, je pense à Balkh, Bamyan, Hérat, Kunduz, Nangarhar, Panjshir, Parwan, et d’autres à venir, j’ai reçu un accueil qui m’a profondément marqué, jusque dans les plus humbles villages loin de la capitale et encore plus de Kaboul. Je n’ose compter le nombre de moutons et de poulets tués pour m’accueillir.

M. le Ministre, je n’ai pas été au Badhakshan, mais je m’en suis approché, tout près du district de Koran via Monjan. Vous avez la parole."

Publié le 19/07/2018

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