Le soutien à l’enseignement du français en Afghanistan

1- Historique de notre coopération éducative (enseignement supérieur)

La reprise de la coopération éducative a immédiatement suivi la chute du régime des Taliban, dans un domaine où la France avait une présence ancienne (depuis 1922) et une tradition d’excellence. Après le soutien à deux grands lycées de Kaboul, Esteqlal et Malalaï, l’Ambassade de France a développé plusieurs programmes de coopération dans le domaine éducatif, notamment dans le cadre de l’Enseignement supérieur.

1.1- Projet d’Appui à la reconstruction de l’enseignement afghan (PAREA, 2004–2007)

Ce projet de 3,7 M€, dont les principaux objectifs s’orientaient vers la reconstruction des infrastructures, l’expertise pédagogique et la formation des professeurs, a apporté un appui technique, administratif, financier et pédagogique à plusieurs établissements secondaires (à Kaboul et dans les provinces), à deux centres de formation des maîtres (Kaboul et Charikar), ainsi qu’à la Faculté de pédagogie de l’Université de Bamiyan. Il a été mené en partenariat avec les Ministères afghans de l’Education et de l’Enseignement supérieur et en collaboration avec des ONG spécialisées dans la coopération éducative.

1.2- Soutien aux enseignements de français en Afghanistan (SEFA, 2007–2009)

Un nouveau projet de 2 M€ a débuté à la fin 2007, centré sur la rénovation des programmes de sciences, la diffusion du français et la formation des professeurs de français. Le projet a permis des travaux d’extension du département de français à l’université de Kaboul, ainsi que l’amélioration du niveau des professeurs en français, dans les matières scientifiques ainsi que dans les secteurs où la France poursuit une coopération technique : médecine, pharmacie, droit, journalisme, diplomatie, armée.

2- Soutien aux enseignements de français en Afghanistan, 2e phase (SEFA II, 2010–2014)

Au FSP SEFA a succédé le SEFA II, dont le budget est de 3 M€ et qui a pour principal objectif le développement du français dans les établissements d’enseignement supérieur. Répartie en deux composantes complémentaires, l’action du SEFA II porte sur le département de français de l’université de Kaboul ainsi que sur les cours de français LVE dans les facultés où la France et l’Afghanistan ont établi une coopération formelle, tel que défini dans le traité d’amitié signé entre les deux pays en janvier 2012. L’activité du SEFA II a dépassé les frontières de la capitale et mène une action importante au sein de l’université de Hérat, capitale culturelle et carrefour étudiant parmi les plus importants du pays, ainsi qu’à l’institut pédagogique de Parwan, en matière de formation des professeurs.

2.1- Le département de français de l’université de Kaboul

Depuis mars 2012, la principale action du SEFA II au département de français est de consolider la licence avec la refonte du curriculum.

En effet, il s’agit d’adapter le niveau et les objectifs de la formation avec le public actuel de débutants en français, ainsi que d’atteindre une équivalence avec le parcours FLE de licence d’une université française, afin de faciliter la mobilité des étudiants diplômés (ou de poursuivre un Master à distance). Cette équivalence se fera dans le cadre d’un accord de coopération formel avec l’université française en question, ce qui est en cours de réalisation. Le nouveau curriculum, mis en place à titre d’essai pour la rentrée 2013, sera validé à la rentrée 2014 et ouvrira le champ de la création d’un Master.

Par ailleurs, la seconde action du SEFA II est la rationalisation du processus de titularisation des professeurs au sein du département. En effet, le département fonctionne actuellement avec 1 chef de département et 6 titulaires, dont 2 ont encore le statut de stagiaire (depuis fin 2012) ; or pour assurer l’autonomisation pédagogique du département, 12 professeurs titulaires minimum sont requis. Cette titularisation de 6 personnes supplémentaires permettra d’assurer la viabilité du département de français, au-delà du SEFA II et entrera dans le cadre du traité d’amitié en matière de coopération linguistique, à savoir la titularisation de 25 professeurs de français.

2.2- Coopération dans les universités de Kaboul

En-dehors de son action au département de français, le SEFA II œuvre au développement des cours de français destinés à des étudiants issus de secteurs stratégiques, afin d’accroître le nombre de francophones et contribuer ainsi à la politique de développement des compétences visant à former une élite francophone.

Cette stratégie a abouti à l’ouverture de cours de français, obligatoires ou facultatifs, au sein des facultés de droit, pharmacie, archéologie de l’université de Kaboul, à l’université polytechnique de Kaboul, ainsi qu’à l’ouverture de cours facultatifs pour les étudiants des autres secteurs stratégiques, comme la géologie, l’agriculture, la médecine ou l’ingénierie.

Le SEFA II collabore avec d’autres projets de la coopération française en Afghanistan, comme le projet RSS dans le domaine du droit ou la DAFAdans le domaine de l’archéologie. L’amélioration de l’enseignement implique l’équipement des départements afin d’assurer des conditions d’enseignement favorables, notamment en aménageant des salles de cours et des espaces francophones.

L’action du SEFA II est aussi orientée vers la formation continue des enseignants, notamment dans l’enseignement du français de spécialité (une formation regroupant 16 enseignants a d’ailleurs eu lieu en janvier 2013) et la mobilité des étudiants les plus méritants des secteurs stratégiques (41 stages linguistiques en France en 2012).

2.3- Coopération dans les universités en province

En-dehors de Kaboul, le SEFA II mène une action de soutien logistique et de formation des enseignants au département de français de l’Institut Pédagogique de Parwan à Charikar, ainsi qu’à l’université de Herat. La coopération à l’université de Herat, où est basé un coordinateur afghan recruté et formé par le SEFA II, est dédiée à l’enseignement du français en LVE pour les étudiants de droit et à la formation en français de professeurs de l’université (identifiés par l’université et le projet en vertu des secteurs prioritaires définis dans le traité d’amitié). Depuis 2012,des étudiants de la faculté de Droit ont pu participer aux examens du DELF-DALF organisés à Kaboul et certains d’entre eux ont été sélectionnés pour bénéficier d’une formation linguistique en France.

Publié le 12/09/2013

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