La France est mobilisée pour accompagner l’Afghanistan sur le chemin de la paix [fa]

Intervention de Mme Nathalie Broadhurst, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations-Unies, Conseil de Sécurité, New York, le 23 mars 2021

New York, le 23 mars 2021

Madame la Présidente,

Je voudrais commencer mon propos par des remerciements à Deborah Lyons et Sharharzad Akbar pour leur intervention et je voudrais également saluer la participation de la représentante permanente d’Afghanistan. Chacune à sa façon, avec son expérience, son engagement, son dévouement total à la paix et à la sécurité, rappelle, s’il le fallait encore, la place centrale que les femmes jouent dans les négociations de paix. A ce titre, je tiens également à saluer Habiba Sarabi, lauréate en 2021 du Prix Simone Veil de la République Française, et je salue son engagement en faveur de la réconciliation et d’une paix durable.

Madame la Présidente,

Les nombreuses initiatives diplomatiques en cours permettent d’entretenir une dynamique et une perspective de paix qui sont bienvenues. Elles sont précieuses pour relancer des discussions entre Afghans et conduites par les Afghans dans le cadre du processus qui se déroule à Doha avec les équipes de négociations désignées par les deux parties.

Nous saluons à cet égard la nomination de Jean Arnault aux côtés de Deborah Lyons. Fort de sa longue expérience, nous attendons de lui qu’il contribue à mettre en cohérence l’ensemble de ces initiatives, en étroite collaboration avec la MANUA et les partenaires régionaux. La participation pleine, active et effective des femmes à tous les formats du processus de paix est une condition indispensable de son succès à long terme.

En outre, le processus doit être inclusif. A cet égard, nous plaidons pour la participation des principaux soutiens de l’Afghanistan. L’Union européenne, en tant que premier donateur et dont les Etats membres sont les contributeurs quasi-majoritaires en troupes sur le terrain, a toute sa place dans ces discussions.

Madame la Présidente,

Si l’espoir d’une paix renaît, cela ne doit pas occulter le fait que la confiance a été largement mise à l’épreuve et affaiblie par le niveau de violence.

Ce Conseil a récemment condamné avec fermeté les attaques ciblées dans sa déclaration à la presse du 12 mars 2021. Les meurtres de celles et ceux qui participent à la vie démocratique sont inacceptables.

Une telle violence est un obstacle à la paix, comme l’a rappelé la déclaration de la troïka publiée à l’issue de la conférence de Moscou du 18 mars 2021.

Nous appelons à la mise en oeuvre d’un cessez-le-feu conformément aux résolutions 2532 et 2565. La protection des civils, en particulier des femmes, des enfants, des infrastructures civiles doit être une priorité absolue. Le respect du droit international humanitaire, des droits de l’Homme et de la liberté de la presse, par toutes les parties n’est pas négociable. Ceux qui sont responsables de ces crimes odieux doivent rendre des comptes, il ne peut y avoir en la matière d’impunité.

Madame la Présidente,

De nombreux intervenants ont souligné la situation humanitaire gravissime, qui ne cesse de se détériorer : un enfant sur deux de moins de 5 ans sera en situation de malnutrition aigüe en 2021. La pandémie de COVID-19 a contribué à doubler en un an le nombre de personnes qui ont besoin d’aide humanitaire. Face à cette situation, la mobilisation des donateurs est indispensable. A cet égard, nous nous félicitons que l’Union européenne se soit engagée à hauteur de 1,2 milliard d’euros sur quatre ans lors de la conférence des donateurs en novembre dernier.

L’accès des personnels médicaux et humanitaires à l’ensemble des personnes dans le besoin, de même que leur protection, doivent être garantis. Le nombre d’incidents entravant l’accès humanitaire a plus que doublé en 2020 : c’est inacceptable. Nous devons également permettre un accès équitable au vaccin contre la COVID-19. De ce point de vue, la facilité COVAX a un rôle clé à jouer.

Enfin, la paix ne sera pas durable tant que le trafic de drogue continuera de gagner du terrain. La lutte contre la drogue dans toutes ses dimensions, depuis la prévention jusqu’à l’éradication de la production et des trafics, doit être une priorité. Les groupes terroristes bénéficient des ressources du trafic de drogue et s’en servent pour déstabiliser à la fois l’Afghanistan mais toute la région également. Nous saluons à ce titre le rôle de l’ONUDC pour lutter contre ce fléau et appelons toutes les parties, conformément à leurs engagements, à s’engager résolument en faveur de cet objectif.

Madame la Présidente,

Les défis sont multiples mais je peux vous assurer de la mobilisation de la France, aux côtés de ses partenaires, pour accompagner l’Afghanistan sur le chemin de la paix.

Je vous remercie.

Site internet de la Représentation permanente de la France auprès des Nations Unies à New-York

Publié le 24/03/2021

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