La Délégation archéologique française en Afghanistan (DAFA)

La Délégation archéologique française en Afghanistan est un Institut de recherche français créé en 1922 et qui depuis, avec une interruption de 1982 à 2003, travaille au côté des afghans à la recherche, l’étude, la valorisation et la protection du patrimoine archéologique de ce pays.

La DAFA est financée par une dotation annuelle de fonctionnement provenant du Ministère des Affaires étrangères qui s’éléve en 2014 à 220 000 euros. Elle reçoit des financements d’Etats (USA, République Tchèque, etc…) ou de partenaires institutionnels (UNESCO, Banque Mondiale, etc…) travaillant en Afghanistan pour un montant, globalement, équivalent à celui de la subvention du MAEE. Deux agents expatriés assurent sa direction ainsi qu’un agent comptable qui est également l’agent-comptable de Institut français de Kaboul et de deux autres établissements à autonomie financière basé à Téhéran (Iran).
L’action de la DAFA se décline de la façon suivante :

Soutien et Formation des archéologues afghans

En soutien au Ministère afghan de la Culture et de l’Information qui a la charge de gérer le patrimoine archéologique, la DAFA aide directement l’Institut afghan d’archéologie par l’achat d’équipement, l’organisation de formation, l’envoi de jeunes professionnels du patrimoine à l’étranger (un boursier prépare actuellement un doctorat à l’Ecole Pratique des hautes Etudes - EPHE). Le Ministère de la Culture requiert l’expertise et le conseil de la DAFA dans toutes les grandes opérations archéologiques qu’il a à gérer et principalement les fouilles préventives liées à des projets d’aménagement ou industriels (la DAFA a monté le projet de fouille préventive de Mès Ainak, une gigantesque mine de cuivre qui se trouve être à l’emplacement d’un site bouddhique d’une ampleur exceptionnelle).

Elle finance la venue de spécialistes français dans des domaines très variés de l’étude du patrimoine archéologique (restauration de peintures murales, imagerie 3D appliquée à l’archéologie, etc…)Toutes les opérations de terrains se font avec les archéologues afghans.

La DAFA aide également le département d’archéologie de l’Université de Kaboul et participe à l’identification des étudiants qui peuvent bénéficier de bourses d’étude en France. Elle assure ensuite le suivi de la scolarité des boursiers (un étudiant en Master II à Montpellier, une étudiante en Master I à Aix en Provence).

Aide aux administrations afghanes

La DAFA apporte son expertise à deux autres Ministères afghans qui ont à gérer des questions archéologiques.

Le Ministère des Mines et du Pétrole a ainsi sollicité les conseils de la DAFA pour l’évaluation de l’impact archéologique des projets miniers qu’il compte entreprendre. Cette demande relayée par la Banque Mondiale a abouti au montage du projet Mès Ainak mais aussi à la mise en place d’un vaste projet d’étude des mines anciennes d’Afghanistan pour lequel la DAFA s’est adjoint une aide technique et scientifique du Deutsche Archaëologische Institute (DAI) et du Musée de la Mine à Bochum (Allemagne).

Le Ministère du développement urbain a sollicité la DAFA pour la mise au point de l’interface archéologique d’un système d’information géographique couvrant tout l’Afghanistan et destiné à gérer l’occupation des sols et les projets d’aménagement. La DAFA fournit une aide et des formations en matière de cartographie archéologique et est en train de s’associer avec des universités américaines (New York University, Oriental Institute de Chicago) mais aussi le Deutsche Archaëologische Institute pour la réalisation de ce vaste projet.

Projets spécifiques de recherche et de mise en valeur du patrimoine archéologique afghan

Dans la vallée de Bamiyan, la DAFA poursuit les travaux entrepris par le Professeur Z. Tarzi dans le cadre du programme de sauvegarde et de mise en valeur, coordonné par l’UNESCO. La DAFA dans les années à venir se concentrera sur les travaux archéologiques liés aux consolidations et restaurations des sites de Shahr-i-Zohak et de Shahr-I-Golgolah ainsi qu’au projet de musée régional initié par l’UNESCO.
Dans l’oasis de Balkh l’action de la DAFA s’est concentrée sur l’étude des occupations du sol et des remparts que ce soit ceux de la ville de Bactres elle-même ou ceux de l’oasis. Dans un proche avenir une coopération plus étroite avec nos partenaires allemands du Deutsche Archaëologische Institute devrait permettre une étude plus exhaustive de ce qui est probablement une des oasis d’Asie Centrale les mieux conservées.

Coopération régionale et internationale

La DAFA a déjà de solides relations avec les chercheurs pakistanais (Taxila Institute de l’Université Qa’id-I Azam d’Islamabad), des contacts ont été établis avec les chercheurs tadjiks, dont certains participent à l’opération Mès Ainak. Cette année deux étudiants afghans ont pris part à la campagne de fouille sur le site d’Ulug Tepe au Turkmenistan et les liens entre la DAFA, les archéologues afghans et leurs homologues turkménes devraient se renforcer dans les années qui viennent. La DAFA a également pris des contacts avec les archéologues chinois travaillant au Sinkiang ainsi qu’avec ceux de l’Université de Xi’an afin de mettre en place un projet d’étude franco-afghano-chinois dans le corridor du Wakhan.

Seule mission archéologique permanente en Afghanistan, la DAFA est l’interface entre la demande afghan en terme de gestion et d’étude du patrimoine archéologique et l’offre internationale tant sur le plan de la recherche, que des formations et de la valorisation de ce patrimoine. Cela se matérialise par des conventions de partenariat dans lesquelles la DAFA offre son expertise, ses réseaux et ses infrastructures et les autres parties, des expertises spécifiques et des financements. En ce domaine deux secteurs sont particulièrement illustratifs :

  • les partenariats avec les chercheurs allemands du Deutsche Archaëologische Institute qui vont se matérialiser à très court terme par une convention prévoyant le financement par la partie allemande de projets communs et l’accueil par la DAFA de chercheurs d’outre-Rhin.
  • le projet d’exposition consacrée à Mès Ainak qui se tiendra au siège de la Banque mondiale à Washington DC. La DAFA apportant son expertise, la Banque mondiale le financement.

Les perspectives et les orientations

La situation particulière de la DAFA en Afghanistan en fait un interlocuteur indispensable en premier lieu pour ce qui est du patrimoine culturel mais également dans des domaines aussi variés que l’aménagement du territoire ou le développement local . Son implantation régionale et internationale est un atout considérable et c’est probablement en renforçant son rôle d’interface qu’elle pourra durablement exercer ses missions. Celles-ci sont scientifiques, patrimoniales mais contribuent aussi au sein de la politique de coopération menée par l’Ambassade de France à la visibilité internationale de notre pays.

Publié le 07/12/2014

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