L’appui de la France à la relance du secteur cotonnier. [fa]

Dès 1930, la culture du coton a été introduite en Afghanistan et sa production était localisée à 60% dans le Nord (provinces de Balkh, Jowzjan et Sar-e-Pol), le Nord-Est (provinces de Baghlan, Kunduz et Takhar) et le Sud (Helmand). A la fin des années 1970, ces régions assuraient une production annuelle de l’ordre de 170.000 tonnes de coton-graine. A partir de 1980, la filière a été désorganisée, en raison notamment des dégâts causés aux unités industrielles pendant les dix années de guerre : en conséquence, la production de coton a chuté à quelques 30.000 tonnes, au profit des cultures vivrières et aussi de la culture du pavot…

Aujourd’hui, la culture du coton connaît un essor important dans le Nord du pays, notamment dans la province de Balkh et, dans une moindre mesure, dans la région du Nord Est, où à peine 20% des surfaces mises en cultures dans les années 1970 le sont encore. En 2014, la production nationale a été de 85.000 tonnes. 80% de la production est exportée vers le Pakistan sous forme de coton graine (20%) et de fibre (80%). 20% de la production est traitée localement pour des usages domestiques (confection de matelas et de coussins). Il n’existe qu’une unité industrielle de filature/tissage située à Pul-e-Khumri, qui produit des linceuls.

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En novembre 2004, l’Agence française de développement (AFD) a accordé un don de 10 millions d’euros à l’Afghanistan pour la relance de sa filière cotonnière. La société franco-afghane, NAPCOD (New Afghanistan Project for Cotton and Oil Development) a été créée pour mettre en œuvre cette relance.

NAPCOD a démarré ses activités en 2005 et a remis en ordre de marche deux usines d’égrenage et d’une huilerie, à Mazar et Kunduz. Parallèlement, NAPCOD a mis en place une filière de production et de diffusion de semences améliorées de céréales et coton et a appuyé des groupements de producteurs par la fourniture d’intrants (semences, herbicides, engrais…)

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Entre 2005 et avril 2007, période qui a connu le désengagement du partenaire français, les rendements ont néanmoins plus que doublé et la production de coton est passée de 30.000 à 60.000 tonnes. Si la composante industrielle du projet NAPCOD n’a pas été couronnée de succès, tel n’a pas été le cas de la composante agricole. Afin de pérenniser les résultats obtenus sur ce volet la France a consenti en 2008 au ministère de l’Agriculture et de l’Elevage une subvention de 5,2 millions d’euros afin de poursuivre son appui au développement de la culture du coton, dans le cadre du North-East Agriculture Support Project (NEASP),

La première activité de ce projet a été de remettre à niveau la ferme de recherche semencière de Puze-e-Shams à la périphérie de Pul-e-Khumri.

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A partir de cette ferme le projet met en œuvre quatre composantes :

-  une composante de recherche agronomique qui consiste à tester et sélectionner des variétés de coton, de céréales et d’oléagineux autorisant à la fois des hauts rendements et la succession de deux cycles culturaux sur l’année. Des essais sont menés en parallèle sur des techniques culturales visant à optimiser les ressources en eau limitées de la région, restaurer la fertilité des sols, limiter l’usage des pesticides (lutte biologique, irrigation contrôlée). 20 nouvelles variétés de coton ont été testées et cinq d’entre elles ont été inscrites au catalogue des semences, après trois ans d’essais ;
-  une composante d’appui à la mise en place d’une filière privée de production et de diffusion de semences certifiées. Les semences produites par le centre de recherche sont cédées à des entreprises semencières privées chargées de produire des semences certifiées en grande quantité et de les mettre sur le marché ;
-  une composante d’appui à l’émergence de coopératives agricoles et d’organisations professionnelles agricoles. 6 petites unité d’égrenage (production de fibre) et de trituration (production d’huile) ont été financées par le projet et confiées à des groupements de producteurs ;
-  une composante visant à mettre en place un observatoire et une cellule d’économie rurale régionale, avec pour objectif d’informer les acteurs de la filière et de disposer d’éléments économiques nécessaires à l’élaboration d’une politique de développement agricole régionale.

Pour en savoir plus sur les activités de l’Agence française de développement en Afghanistan :

http://www.afd.fr/home/pays/asie/ge...

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Publié le 10/11/2016

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