L’Afghanistan de demain doit se construire avec l’ensemble de la société

AFGHANISTAN / MANUA

INTERVENTION A TITRE NATIONAL
DE MME ANNE GUEGUEN
REPRESENTANTE PERMANENTE ADJOINTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES

AU CONSEIL DE SECURITE

New York, le 25 juin 2020

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Je remercie à mon tour les intervenantes pour leurs présentations. Alors que nous plaidons sans relâche pour que les femmes afghanes participent pleinement au processus de paix et à la vie publique, je suis heureuse que le Conseil soit briefé par des femmes dont l’expérience et la contribution à la paix et la sécurité, en Afghanistan et ailleurs, sont grandes.

L’espoir suscité par les accords du 29 février renait. Après une période difficile, des signes encourageants montrent qu’un démarrage des négociations interafghanes semble aujourd’hui de nouveau possible. L’accord du 17 mai est un de ces signes, il a permis de surmonter l’impasse politique. Les premières mesures de libération des prisonniers et de mise en œuvre de ces accords sont un deuxième signe. Rétablir la confiance entre les différents partenaires est essentiel. Mais il ne faut pas s’arrêter là. Près de quatre mois après les accords de février, beaucoup reste à faire et les discussions doivent commencer au plus tôt.

Le conflit en Afghanistan continue de coûter la vie à de nombreux civils et en particulier les femmes et les enfants. L’appel à un cessez-le-feu mondial du Secrétaire général doit s’y appliquer. Cette violence conjuguée aux attaques contre des établissements de santé entrave la réponse à la pandémie de COVID-19. La France réitère sa ferme condamnation des attentats, contre la maternité Dasht-e-Barchi, ainsi que ceux contre les forces de sécurité afghanes le 17 juin et contre des funérailles dans la province de Nangarhar. La protection des civils, y compris des personnels humanitaires et médicaux et a fortiori celle des enfants, doit être une priorité absolue et toutes les parties doivent respecter leurs obligations, conformément au droit international humanitaire. Réduire la violence est un impératif. La paix dépendra du respect par chacun de ses engagements, dont ceux pris en matière de réduction de la violence et de lutte contre le terrorisme. Les autorités afghanes en ont donné des gages ; aux Taliban de faire maintenant leur part. La lutte contre l’impunité et le respect de la justice par tous les acteurs sont également les conditions sine qua non d’une paix durable.

Les femmes ont payé le plus lourd tribut à cette pandémie, beaucoup ont perdu leur emploi ou sont victimes de violences sexistes, sexuelles et domestiques. Notre priorité collective doit être de les soutenir. L’Afghanistan de demain doit se construire avec l’ensemble de la société, sur les acquis obtenus en matière de démocratie et de droits de l’Homme pour toutes et pour tous, sans discriminations. Nous ne pourrons accepter de retour en arrière. La participation pleine et active des femmes au processus de paix est une condition indispensable de son succès à long terme.

Parmi les menaces qui pèsent sur la sécurité de l’Afghanistan, la drogue est, avec le terrorisme, l’une de celles dont la gravité empêche une paix durable. L’exposé de Mme Waly a cependant montré que la production de drogue, malgré des années de lutte, est en hausse et se diversifie. Elle a des effets dévastateurs pour la société afghane comme pour la sécurité mondiale. C’est également une source de financement importante du terrorisme. Pour toutes ces raisons, la communauté internationale et les autorités afghanes doivent continuer de faire preuve d’une détermination infaillible pour lutter contre ces deux fléaux.

Pour une paix durable, l’engagement résolu des partenaires de l’Afghanistan à ses côtés est indispensable. La France le sera, comme toujours. Je salue le rôle essentiel de la MANUA et des Nations unies en Afghanistan et appelle tous à soutenir la stabilisation de l’Afghanistan et à contribuer positivement à l’établissement d’une paix durable dans ce pays.

Je vous remercie.

Publié le 26/06/2020

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