Jean-Claude Gardin (1925-2013)

JPEG Jean-Claude Gardin fit partie de ces jeunes français qui répondirent très vite à l’appel du Général de Gaulle et qui décidèrent de le rejoindre à Londres.

A ceux qui l’interrogeaient sur ses motivations, il ne cachait pas que c’était d’abord l’esprit d’aventure et la possibilité de faire du bateau qui avaient orientés ses choix. On comprend mieux alors qu’il ait préféré rejoindre les Forces Navales françaises libres où il reçut sa formation mais aussi, malgré son jeune âge, l’épreuve du feu et l’expérience du commandement. Il finit la guerre en étant un des plus jeunes officiers de la Marine nationale et de l’avis de ses supérieurs un des plus courageux.

Les hasards de la vie l’amènent à Beyrouth en 1952 où il travaille à l’Institut français d’archéologie de Beyrouth alors sous la direction d’un autre Français Libre : Henri Seyrig. Ce séjour sera déterminant pour sa carrière et Jean Claude Gardin l’évoquait toujours comme on le ferait d’un paradis perdu.

C’est H. Seyrig qui décide de l’envoyer en Afghanistan pour aider Daniel Schlumberger et son architecte Marc Le Berre d’abord pour une série de prospections puis pour les assister sur les fouilles. Entre Beyrouth et Kaboul, Jean-Claude Gardin se consacre plus particulièrement à l’étude de la céramique et développe une approche théorique très originale qui deviendra au fil des années son domaine de prédilection et d’excellence. J.C. Gardin aborde, en effet, des questions qui jusqu’à présent avaient été « mises de côté » par les archéologues et pourtant essentielles. S’interrogeant sur la validité des corpus étudiés, il en vient très vite à reconsidérer la pertinence des outils intellectuels utilisés pour les analyser et assez logiquement il chercha à créer de nouveaux instruments échappant, autant que cela soit possible, aux faiblesses induites par des choix humains trop souvent subjectifs. L’informatique naissant lui apparut alors comme une voie et il s’y engagea avec l’enthousiasme d’un nouveau converti. Parallélement il continua à avoir des activités de terrain. On lui doit en particulier l’initiative de la grande prospection de la région d’Aï Khanoum qui permis de découvrir de nombreux sites et de mettre en évidence les traces des réseaux d’irrigation complexe entourant le site antique.

Archéologue atypique, J.C. Gardin eut une très forte influence sur toute une génération d’archéologues à qui il ouvrit de nouvelles voies intellectuelles. Esprit pratique tout autant que théorique, maniant l’ironie et l’humour avec beaucoup d’habilité, il reste encore aujourd’hui un de ceux qui ont le plus contribué à faire avancer intellectuellement l’archéologie française.

Publié le 22/11/2020

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