"La France restera mobilisée, aux côtés du peuple afghan"

AFGHANISTAN - INTERVENTION DE MME ISIS JARAUD-DARNAULT, COORDINATRICE POLITIQUE DE LA MISSION PERMANENTE DE LA FRANCE AUPRES DES NATIONS UNIES AU CONSEIL DE SECURITE EN FORMAT ARRIA - New York, le 17 novembre 2022

Je remercie Mme Msuya, Mme Wignaraja et M. Alakbarov pour leurs interventions et souhaite insister sur deux messages.

Premièrement, les Talibans ne peuvent s’exonérer de leurs responsabilités dans la situation que connait l’Afghanistan

Leur prise de pouvoir par la force et la violence il y a plus d’un an maintenant a eu des conséquences dramatiques pour le peuple afghan. Les décisions adoptées depuis, au mépris des engagements pris et des exigences de la communauté internationale, telles que contenues dans la résolution 2593 du Conseil de sécurité, n’ont fait qu’aggraver la situation.

Vous avez souhaité aborder la question de la reprise économique en Afghanistan.

Je crois juste de rappeler à ce sujet que les décisions des Talibans ont un coût humain et économique drastique et grèvent durablement les perspectives de reprise. Il en est ainsi des atteintes aux droits de l’homme et en particulier des violations des droits des femmes et des filles, documentées par le Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation en Afghanistan. Empêcher les filles d’aller à l’école secondaire à un coût, de l’ordre de 2,5% du PIB par an. L’exclusion des femmes du marché du travail a aussi entrainé une chute de l’ordre de 5% du PIB.

Le maintien des restrictions imposées aux femmes et aux filles afghanes ne pourra qu’avoir des conséquences néfastes durables sur le redressement et la stabilité de l’Afghanistan. Nous observons que cette tendance s’aggrave, comme le montre l’annonce des Talibans la semaine dernière de la réintroduction des châtiments corporels, en plus de leurs récentes interdictions d’accès aux parcs, bains publics et salles de sport pour les Afghanes.

La France restera mobilisée, aux côtés du peuple afghan, pour apporter notre aide face à la crise humanitaire qui frappe le pays, et en faveur des droits de l’homme, en particulier des droits des femmes.

A titre national, nous avons déboursé, depuis août 2021, une aide humanitaire de 123,5 M€, destinés aux organisations internationales, agences humanitaires et ONG présentes sur le terrain, dont les projets sont actuellement en cours de déploiement ainsi qu’une aide supplémentaire de 100 000 € aux victimes des inondations qui ont frappé l’Afghanistan cet été, dans la région frontalière du Pakistan.

Nous continuons également d’apporter notre soutien à l’Institut médical de la Mère et l’Enfant de Kaboul.

L’Union européenne a aussi, avec ses Etats membres, réuni plus d’1,6 Md€ en faveur de la population afghane.

La reprise de l’aide au développement relève en revanche de la responsabilité des Talibans. Sans respect des exigences de la communauté internationale, nous ne pouvons envisager la reprise de cette aide, qui serait vaine : comment permettre le redressement économique d’un pays dont la moitié de la population ne peut ni étudier ni travailler ?

Je crois qu’il est essentiel de continuer à œuvrer pour que nos préoccupations, telles que celles contenues dans la résolution 2593, soient entendues, de continuer à soutenir le travail de la MANUA, en conformité avec l’ensemble de son mandat, et de continuer, en parallèle, à réfléchir à la meilleure façon de soutenir le peuple afghan dans ses épreuves.

Je vous remercie.


Voir : https://onu.delegfrance.org/la-france-restera-mobilisee-aux-cotes-du-peuple-afghan
https://twitter.com/franceonu/status/1593301501539192842?cxt=HHwWlMC4tcTRxZwsAAAA
https://twitter.com/franceonu/status/1593301700382785539?cxt=HHwWhoC89Y3dxZwsAAAA
https://twitter.com/franceonu/status/1593302119406256130?cxt=HHwWhICy8b_1xZwsAAAA
https://onu.delegfrance.org/

Publié le 22/11/2022

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